Paysage disruptif II – le plateau de Saclay

Le paysage est la représentation objective de l’aménagement du territoire, il est la représentation de ce que l’homme fait de son environnement en fonction de ses besoins et usages.

Représenter ces territoires revient à illustrer les étapes de modification de notre environnement, à en fixer les paysages qui deviennent peu à peu des « paysages naturels » sur lesquelles viennent se construire les suivants.

 

Mais comment susciter un questionnement autour de ces « paysages naturels » qui en deviennent invisibles à force de les côtoyer ?

 

Il faut provoquer une surprise, introduire un biais qui casse le schéma classique du regard sur son environnement et suscite la découverte via la rupture des habitudes.

“L’acte de la découverte a un aspect disruptif et un aspect constructif. Il faut qu’il brise les structures de l’organisation mentale afin d’agencer une synthèse nouvelle.”  Arthur Koestler – 1905-1983 – Le cri d’Archimède, 1964

Une disruption désigne une rupture, “une méthodologie dynamique tournée vers la création”.

Il s’agit de s’écarter des sentiers battus, sortir des schémas de pensées classiques, s’affranchir des méthodes d’analyse traditionnelles, renverser la perspective et reconsidérer une problématique du paysage.

Ainsi, au point de disruption du paysage, on regarde à la fois devant et derrière soi.

On est en équilibre sur le point où le temps et l’espace se rejoignent.

 

Le plateau de Saclay

Depuis 1947 et la décision d’implantation du Centre Etude Nucléaire sur le plateau agricole de Saclay, celui ci n’a cessé d’évoluer voyant se juxtaposer aux paysages agricoles, ceux des bâtiments universitaires puis des centres de recherches.

Depuis 2008, l’aménagement du plateau de Saclay connait une période de mutation accélérée. En moins de 20 ans, une ville s’est construite ex nihilo, des infrastructures lourdes sont venues se poser sur le paysage.

Le plateau évolue sous nos yeux, modifiant ses paysages, en créant d’autres, certains temporaires (les paysages de travaux), d’autres encore en voie de disparition.

Le point de vue disruptif sur ces paysage nous révèle un nouvel environnement en équilibre sur son temps et son espace, posé sur des frontières sans cesse en mouvement.