Paysage disruptif I – le canal de l’Ourcq

Le paysage est le reflet, la représentation objective de l’aménagement du territoire, il est la représentation de ce que l’homme fait de son environnement en fonction de ses besoins et usages.

Représenter ces territoires revient à illustrer les étapes de modification de notre environnement, à en fixer les paysages qui deviennent peu à peu des « paysages naturels » sur lesquelles viennent se construire les suivants.

Mais comment susciter un questionnement autour de ces « paysages naturels » qui en deviennent invisibles à force de les côtoyer ?

Il faut provoquer une surprise, introduire un biais qui casse le schéma classique du regard sur son environnement et suscite la découverte via la rupture des habitudes.

“L’acte de la découverte a un aspect disruptif et un aspect constructif.

Il faut qu’il brise les structures de l’organisation mentale afin d’agencer une synthèse nouvelle.” Arthur Koestler – 1905-1983 – Le cri d’Archimède, 1964

Une disruption désigne une rupture, “une méthodologie dynamique tournée vers la création”.

Il s’agit de s’écarter des sentiers battus, sortir des schémas de pensées classiques,

s’affranchir des méthodes d’analyse traditionnelles, renverser la perspective et reconsidérer une problématique du paysage.

Ainsi, au point de disruption du paysage, on regarde à la fois devant et derrière soi.

On est en équilibre sur le point où le temps et l’espace se rejoignent.

 

Le canal de l’Ourcq

En suivant le canal, de Paris à Meaux, nous opérons une coupe longitudinale dans les cercles de développement du territoire entre les deux agglomérations et révélons les paysages qui en se succédant témoignent de ses évolutions dûent aux politiques d’aménagement.

Le canal de l’Ourcq est entrecoupé par de nombreux ponts, autant de points de torsions du paysage permettant un regard à la fois vers l’amont et l’aval, provoquant un sentiment d’aller/retour simultané dans le paysage en offrant un nouveau regard en renversant la perspective.